Congé menstruel : tout ce que vous devez savoir

Savez-vous que dans 6 pays du monde le congé menstruel est autorisé ? En France, ce congé permettrait de prévoir dans le code du travail des jours de congés payés pour les femmes qui souffrent de dysménorrhée (règles douloureuses). Ce projet paraît prometteur : il aiderait à faire reconnaître cette problématique souvent ignorée et minorée. Pourtant, il est aussi très critiqué car on craint qu'il pénalise les femmes face à l’emploi.

Chez Blooming, nous avons voulu revenir sur cette revendication et son application dans les pays concernés. Petit tour d’horizon 🌍.

Douleur, douleur quand tu nous tiens

Vous connaissez cette sensation de tension et de malaise peu avant vos règles ? En général, vous essayez vaillamment de passer outre en remplissant vos tâches quotidiennes jusqu’au moment où la douleur vous submerge tout d’un coup… Vos règles sont là ! Eh oui c’est le retour de la fameuse “dame nature de la pub Tampax” ! 😂


En fait, comme 50 % à 80 % des femmes vous souffrez de menstruations ultra douloureuses (dysménorrhée).

Ces douleurs sont liées "aux contractions vives de l'utérus lorsque l'ovaire cesse de fabriquer de la progestérone", indique la journaliste Camille Emmanuelle dans son essai "Sang tabou". Or, n’en déplaise aux publicitaires de chez Tampax, dans ces moments-là, un tampon n’est pas aussi utile qu’une bonne RTT !

Eh bien sachez que chez nos voisins italiens, vous n’auriez pas forcément besoin de prendre une RTT… En 2017, l’Italie a voté l’intronisation d’un congé menstruel… malheureusement, pour en bénéficier, il faut fournir à son employeur un certificat médical courant sur l’année attestant que l’on souffre pendant les règles. Pas toujours évident !


À l’origine du congé menstruel

C’est en Asie que l’idée du congé menstruel a pris naissance. D'ailleurs, dans certains pays d’Asie comme le Japon, la Corée du sud ou l’Indonésie, ce congé est déjà appliqué.

Comme Emma l’expliquait dans cet article, le congé menstruel a émergé pour la première fois au Japon en 1925 suite aux revendications du mouvement ouvrier des femmes. Les conditions de vie étaient épouvantables et des groupes féministes ont exigé des jours de repos à accorder aux salariées pendant les menstruations. Elles ont dû attendre 1947 pour que le congé menstruel entre finalement en vigueur. 

Un an après le Japon, l’Indonésie décide d’adopter le congé menstruel. En 2001, c’est au tour de la Corée du sud, puis, en 2013, c’est au tour de Taïwan…

Alors aurait-on déjà trouvé le remède miracle ? 🤔 

Congé menstruel : des problématiques multiples

Dès qu’on s’intéresse aux pays qui ont adopté ce décret, le résultat paraît mitigé. En 2017, la journaliste Jadine Labbé Pacheco s’était intéressée aux pays qui autorisaient ce congé


  • Elle révélait ainsi que selon Zenrôren, le principal syndicat national, seules 0,09% des Japonaises osaient utiliser le congé menstruel en 2016. En cause ? Une forte pression sociale qui accompagnerait la prise du congé menstruel.
  • Du côté de l’Indonésie, comme en Italie, le rêve s’essouffle vite puisque les femmes doivent subir un examen médical afin de prouver qu'elles ont bien leurs règles.
  • À Taïwan, les femmes peuvent prendre 3 jours de congés menstruels par an. Au-delà, la prise d'un congé menstruel peut avoir un impact sur le salaire de celles qui le prennent.
  • On peut également craindre que ces congés servent à justifier une moindre embauche des femmes et ajoutent un frein à leur avancement professionnel, ce qui renforcerait les inégalités femmes/hommes dans le monde du travail.
  • Sans oublier que cela pose un problème en termes d’intimité et de secret médical ; vous imaginez devoir transmettre à votre patron votre calendrier de cycle menstruel et votre certificat médical 😟
  • Enfin, en France, la sociologue Muriel Jolivet nous invite à décaler notre regard, car pour elle : “Le congé menstruel n'a plus de raison d'être au XXIe siècle.” S’il existe encore au Japon c’est parce que dans l'imaginaire collectif, la femme est ainsi incapable de travailler lorsqu'elle a ses règles. Le congé menstruel pourrait être perçu en Occident comme un marqueur d'inégalité entre femmes et hommes.

Des nouvelles méthodes de travail

En attendant de trancher totalement la question du congé menstruel et de changer notre rapport aux règles, il est possible de profiter de dispositifs déjà existants comme le télétravail ! 🔥

Quand les missions professionnelles le permettent, le télétravail peut offrir une sérieuse solution aux femmes qui souffrent de règles douloureuses. En effet, travailler depuis chez soi évite de suspendre son activité puisque l’on peut réaliser toutes ses tâches dans un cadre adapté et serein 🤗.

Depuis 2018, nous bénéficions d’un bon cadre légal puisque Muriel Pénicaud (Ministre du travail), a ratifié les ordonnances reconnaissant la pratique du télétravail occasionnel ; c'est désormais à l'employeur de motiver de manière objective son refus d'accorder des jours de télétravail à ses salariés 😏.

Habitons nos entreprises

Nos entreprises sont souvent les lieux où nous passons la majorité de notre temps alors n’occultons pas les situations qui nous dérangent au quotidien. Distributeurs de protections hygiéniques, poubelles pour serviettes hygiéniques, lingettes désinfectantes, meuble de rangement dans les toilettes… Osez discuter avec vos collègues de toutes les améliorations que vous pourriez avoir et ouvrez les négociations !

Si vous entendez parler d’initiatives de ce genre, n’hésitez pas à nous le faire savoir en nous mentionnant sur les réseaux sociaux 🤗 


via GIPHY