Histoire du féminisme

Alors que le 8 mars – Journée des droits de la femme – approche à grands pas, la team Blooming s’intéresse à l’histoire du féminisme et à l’évolution de ce mouvement au fil des siècles. On remonte le temps… Vous êtes prêtes ?

 

La genèse du féminisme 

 

Les mouvements féministes ne datent pas d’hier, c’est un fait. Aujourd’hui encore, malgré de nombreuses avancées en faveur de l’égalité des sexes – comme la ô combien précieuse invention de la pilule contraceptive, mais également des tampons et des culottes menstruelles –, le combat mené par les femmes, visant à promouvoir et atteindre l'égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les sexes, reste un combat contemporain. 


L’Histoire nous prouve que, depuis des siècles, de nombreuses voix se sont élevées au nom des femmes. Déjà, dans l’Antiquité, la poétesse grecque Sappho revendiquait la place de la femme dans ses poèmes amoureux. Au Moyen Âge, au XIVe siècle, l’écrivaine vénitienne Christine de Pizan, quant à elle, se battait déjà contre l’idée reçue que la connaissance pervertissait les femmes ! Elle est considérée comme la première femme de lettres de langue française ayant vécu de son talent d’écrivaine. Comment ça… vous n’en aviez jamais entendu parler ? 😏 

 

Olympe de Gouges : première figure féministe française

 

En France, la Révolution française ouvre le bal de l’histoire du féminisme avec la femme de lettres Olympe de Gouges et sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, en 1791. Elle y évoque l’émancipation de la femme, la reconnaissance de sa place sociale, mais également politique. Article premier : « La Femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. » Où en est-on en 2021 ? 🙄


Bien que passée inaperçue lors de sa publication, cette déclaration de droits est pourtant unique et inédite pour l’époque. Elle ne rencontrera qu’un succès tardif (vers la seconde moitié du XXe siècle), mais marque sans nul doute un tournant majeur dans l’histoire du féminisme. 

 

Quels évènements ont marqué l’histoire du féminisme ? 

 

L’histoire du féminisme contemporain pourrait se scinder en trois vagues. La première vague s’étend des années 1850 à 1945 et se déroule essentiellement dans les pays occidentaux et aux États-Unis. Elle se caractérise par la naissance du mouvement de libération mené par des groupes de femmes en quête d’égalité, et s’achève avec l’obtention du droit de vote. 

Bien que fortement assimilée au mouvement des suffragettes (organisation de militantes britanniques née au début du XXe siècle, qui prône le droit de vote des femmes au Royaume-Uni), cette première vague voit naître les premières revendications fondamentales, comme le droit à l'éducation et au travail, l'accès aux droits civils et à la maîtrise de la procréation.


La deuxième vague commence dès la fin des années 60 et se concentre davantage sur la sexualité et les violences conjugales… Ce mouvement bien plus radical rêve de la chute d’une société patriarcale bien ancrée. Portée par des personnalités comme Simone de Beauvoir ou Simone Veil, cette période voit adoptées des lois majeures dans l’histoire du féminisme, comme la loi Neuwirth autorisant la contraception en 1967, et la loi Veil en faveur du droit à l’avortement en 1975. Ces lois sont surtout le reflet d’une société offrant enfin aux femmes le droit de décider de leur propre corps ! 😤


Enfin, une troisième vague déferle dès les années 1990. La défense des droits des femmes se poursuit, mais inclut désormais des minorités jusqu’alors exclues de ce combat. Les travailleuses du sexe, la communauté LGBTQ+ et les personnes racisées font désormais partie intégrante de l’histoire du féminisme ! 


Quelques dates clés

 

  • 1791 : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges.
  • 1876 : la journaliste et écrivaine Hubertine Auclert est la première militante française ouvertement “féministe”. Elle se mobilise pour la République et les droits des femmes, notamment leur droit de vote, et soumet l’idée d’un contrat de mariage entre conjoints et de la féminisation de certains mots.
  • 1861 : Julie-Victoire Daubié devient la première bachelière française.
  • 1880 : les jeunes filles peuvent venir étudier à La Sorbonne.
  • 1897 : La Fronde, le premier journal français conçu et dirigé par des femmes, voit le jour et leur ouvre la porte jusqu’alors bien gardée du journalisme.
  • 1900 : les femmes peuvent plaider en tant qu’avocates.
  • 1903 : Marie Curie obtient le prix Nobel de physique.
  • 1907 : les femmes mariées peuvent disposer librement de leur salaire.
  • 1908 : premier mouvement des suffragettes en faveur du droit de vote des femmes en Angleterre.
  • 1909 : création du congé maternité (non rémunéré). Les femmes ont aussi enfin le droit de porter un pantalon pour faire du vélo ou monter à cheval.
  • 1938 : l'article 213 du Code civil supprime l'incapacité juridique des femmes.
  • 1944 : le droit de vote est accordé aux femmes françaises.
  • 1947 : pour la première fois, une femme est nommée ministre, Germaine Poinso-Chapuis, ministre de la Santé publique et de la Famille.
  • 1972 : une loi pose le principe d’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes.
  • 1974 : adoption de la loi Veil sur l’IVG.
  • 1975 : divorce par consentement mutuel autorisé.
  • 1976 : mixité obligatoire dans les écoles.
  • 1980 : le viol est officiellement reconnu comme un crime.
  • 1982 : le 8 mars de cette année se tient la première Journée internationale des femmes en France.
  • 1990 : le viol entre époux est reconnu.
  • 1991 : Édith Cresson devient la première femme à accéder aux fonctions de Premier ministre en France. Elle est toujours la seule à ce jour.
  • 1992 : une loi sanctionne le harcèlement sexuel au travail.
  • 1998 : féminisation de nombreux termes désignant des professions.
  • 2002 : l’enfant peut porter le nom de son père ou de sa mère.
  • 2016 : baisse de la taxe tampon. Les protections hygiéniques sont désormais considérées comme produits de première nécessité.
  • 2017 : proposition de l’écriture inclusive visant à utiliser des règles orthographiques égalitaires.

Être féministe aujourd’hui ? 

 

Cette liste non exhaustive montre que les femmes n’ont jamais cessé de lutter pour obtenir et préserver leurs droits. Avec les mouvements successifs #balancetonporc, #metoo et plus récemment #metooinceste, c’est la parole de toutes les femmes qui s’unit contre les violences sexuelles toujours trop présentes.  


Alors que le féminisme dérange parfois, les groupes de femmes impliquées étant souvent accusés d’aller trop loin, il est aujourd’hui devenu un produit phare de marketing chez les plus grandes marques. On a notamment pu apercevoir chez Dior un t-shirt « We should all be feminists ». Un cas qui est loin d’être isolé puisque de multiples enseignes surfent sur la tendance du Girl Power (au risque parfois de décrédibiliser la lutte).


N’oublions pas que l’histoire du féminisme n’a pas vocation à devenir une source de profit pour les géants du marketing. En 2021 :

  

  • Une femme sur deux déclare avoir été victime de sexisme dans sa vie. 
  • Une femme est violée toutes les 9 minutes en France. 
  • Des écarts de salaires sont toujours présents entre les hommes et les femmes (plus de 17% d’écart en 2018 d’après l’INSEE). 

Être féministe en 2021, c’est se répéter ces mots de Simone de Beauvoir :


N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.
Ces droits ne sont jamais acquis.
Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.

Source photo: www.licra.org