Tampons hygiéniques : dangereux pour la santé ?

Chaque complication au syndrome du choc toxique relance le débat sur la dangerosité des tampons hygiéniques. Ce moyen de protection interne est pourtant utilisé par de nombreuses femmes pendant les règles. En réalité, ce n'est pas le tampon hygiénique en tant que tel qui serait dangereux, mais plutôt sa mauvaise utilisation. Et les composants chimiques dans les tampons ? On s'en doute, ce n'est pas tout rose, mais est-ce dangereux ? Tampon rime-t-il avec danger ? 

Blooming a mené l'enquête 🔎. Et en cas de doute, n’oubliez pas la culotte menstruelle.

Tampon hygiénique et risque de choc toxique : le point

Le tampon hygiénique fait couler beaucoup d'encre depuis les premiers cas de syndrome de choc toxique. On se souvient – pour celles qui étaient nées – du scandale lié au tampon Rely de la firme Procter & Gamble. Un tampon qui porte plutôt mal son nom puisqu'il a provoqué environ 600 cas de syndrome de choc toxique outre-Atlantique. Depuis, ce produit ultra-absorbant a été retiré du marché et les fabricants sont dans l'obligation d'indiquer les composants sur l'emballage. Aujourd'hui encore, le tampon hygiénique est responsable d'un syndrome de choc toxique chez plus de 20 femmes par an en France. Explications.

Qu'est-ce que le syndrome du choc toxique ?

Le syndrome du choc toxique survient suite à l'utilisation – ou plutôt la mauvaise utilisation – d'un tampon hygiénique. Cette protection périodique interne retient le sang dans le vagin. Jusque-là, tout va bien, c'est exactement ce qu'on lui demande. Sauf que… En présence du staphylocoque doré, une bactérie présente chez 30 à 50 % de la population, il peut faire des ravages. Le sang qui stagne dans le vagin est un bouillon de culture formidable pour cette bactérie. Elle s'y sent comme un poisson dans l'eau 🐠. Elle va donc se multiplier et produire des toxines dangereuses. Cette toxine va passer dans le sang et atteindre les différents organes. Faute de prise en charge rapide, le décès peut survenir assez rapidement.

Le problème ? Le diagnostic est souvent mal posé, les symptômes évoquant ceux d'une gastro :

  • fièvre ;
  • vomissements ;
  • diarrhée ;
  • maux de gorge ;
  • malaise ;
  • éruptions cutanées ;
  • défaillance des organes.

Comment bien utiliser son tampon pour éviter le syndrome du choc toxique ?

Bien que grave, cette pathologie est relativement rare. Pour éviter le syndrome du choc toxique, il est indispensable de respecter les préconisations d'usage. Les modes d'emploi, c'est embêtant, mais si ça peut sauver des vies… Pour vous c'est peut-être évident, mais pour les jeunes filles qui vont utiliser un tampon hygiénique pour la première fois, ça ne l'est pas forcément.

Le tampon hygiénique n'est pas dangereux s'il est utilisé correctement :

  • Changez-le régulièrement, idéalement toutes les 4 à 6 heures. Pendant la nuit, préférez les serviettes hygiéniques ou une culotte menstruelle.
  • Il est important de bien se laver les mains avant et après l'insertion du tampon. C'est également valable pour la coupe menstruelle.
  • Le tampon, c'est pour les règles, et uniquement pour les règles. En dehors du cycle menstruel, on utilise un protège-slip pour absorber une perte vaginale.
  • Bien sûr, on n'oublie pas de retirer son tampon avant d'en insérer un nouveau 😉.

Vous avez déjà été victime d'un syndrome du choc toxique ? Alors, il va falloir dire adieu au tampon hygiénique, car vous n'êtes pas à l'abri d'une récidive. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe de plus en plus de protections périodiques alternatives, voire même 100 % naturelles, comme les serviettes hygiéniques lavables et la culotte menstruelle en coton.

Quels sont les autres dangers liés au tampon hygiénique ?

Le tampon hygiénique est-il uniquement pointé du doigt en raison du risque de développer un syndrome du choc toxique ? La réponse est non ! Pesticides, parfums de synthèse, hydrocarbures, plastiques, ces protections hygiéniques contiennent pas mal de substances toxiques. Vous vous souvenez du célèbre pesticide de Monsanto qui a fait tout un scandale 😱 ? Eh bien le glyphosate peut aussi se retrouver dans votre tampon hygiénique.

Mais alors, pourquoi ces protections sont-elles toujours en vente ? Elles ne sont pas interdites, car les substances chimiques dans les tampons se situent en dessous des seuils réglementaires. Ces résidus non grata se retrouvent donc dans le tampon hygiénique par accident, soit parce qu'ils sont présents en petite quantité dans la matière première, soit lors du processus de fabrication. C'est un peu comme cette barre chocolatée dans laquelle on retrouve inscrit en lettres minuscules "peut contenir des traces de…"

Mais les tampons ne sont pas les seuls concernés ! On retrouve également des pesticides et toutes sortes de produits chimiques dans les serviettes hygiéniques et les protège-slips. Quand on regarde la liste établie par les experts de l'ANSE (agence nationale de la sécurité sanitaire), ce n'est vraiment pas joli à voir 😒 ! Ces substances sont des perturbateurs endocriniens reconnus et peuvent avoir des effets cancérogènes.

L'ANSE veille au grain et réalise régulièrement des études pour s'assurer que les quantités de substances nocives ne dépassent pas un certain seuil. Les adeptes du naturel n'ont pas attendu : elles ont déjà adopté la culotte menstruelle et les serviettes hygiéniques lavables !