Spotting : tout savoir sur les saignements en dehors des règles

Cela nous est toutes déjà arrivé : nos règles sont terminées depuis déjà quelques jours voire quelques semaines. Lorsque soudain, nous apercevons des tâches ou des petits saignements vaginaux dans notre culotte. Mais que s’est-il passé ? C’est grave docteur ? Généralement, nous n’avons rien à craindre : ce phénomène communément appelé “spotting” (tâches en anglais) est courant chez de nombreuses femmes. Quelles en sont les causes ? À quel moment faut-il s’inquiéter ? Blooming vous répond. 

Le spotting qu’est-ce que c’est ? 

Le spotting est un saignement vaginal très léger qui se produit en dehors de nos menstruations régulières. Il est en général beaucoup moins abondant que les règles, ne provoque pas de crampes et peut-être un peu plus foncé (bordeaux voir marron). Généralement, on le remarque sur nos sous-vêtements ou sur le papier toilette, mais on ne sent pas son écoulement. Les femmes peuvent utiliser des protège-slips ou une culotte menstruelle pour éviter de tâcher leur linge, mais les saignements sont trop faibles pour un tampon ou une autre protection hygiénique. 

De nombreuses femmes sont souvent touchées par le spotting, lui même causé pour différentes raisons :  

Les causes hormonales de ces légers saignements  

  • Le spotting lié à la contraception  

Il peut arriver que certaines pilules contraceptives provoquent le spotting. Pendant les 6 premiers mois de la prise d’un nouveau moyen de contraception hormonale, notre cycle peut être bouleversé. Il est aussi très courant lors de l’arrêt d’un contraceptif. 

Selon le site du Don du sang : le phénomène de spotting se déclenche par une insuffisance d’oestrogènes dans l’organisme  féminin. Notre corps doit prendre un certain temps avant de s’adapter aux changements hormonaux provoqués par la pilule. Ce dérèglement peut atrophier et fragiliser notre muqueuse utérine ce qui provoquera les fameux micros-saignements vaginaux. Lorsque l’organisme retrouve l’équilibre de son taux d’oestrogènes, les saignements disparaîtront. 

  •  Le spotting et la préménopause

Le spotting est majoritairement dû à une transition hormonale chez la femme. Comme précisé dans notre article sur  la préménopause, le corps subit de véritables dérèglements hormonaux pendant cette période. C’est une période de transition qui prépare notre organisme à la ménopause et l’arrêt complet du cycle reproductif. La sécrétion des hormones (progestérones et oestrogènes) ralentit petit à petit, et peut provoquer des saignements irréguliers. Par contre, si l’on remarque des saignements après la ménopause, il est important de consulter un professionnel de santé. 

  • Le spotting et la grossesse 

Le spotting est courant au début d’une grossesse et est souvent sans gravité. Les saignements légers que l’on peut remarquer sont ce que l’on appelle un saignement d’implantation. Selon le gynécologue Hervé Hernandez, "le cas le plus fréquent est celui d'une grossesse normalement évolutive avec des petits décollements de membranes qui expliquent les saignements". Selon lui, près d’un tiers des femmes enceintes peuvent être confrontées au spotting.

Si les saignements sont très fréquents et abondants et qu’ils sont accompagnés de symptômes complémentaires comme des saignements abondants, de la fièvre ou de fortes douleurs au ventre il peut y avoir des complications. Si cela commence à devenir inquiétant ou douloureux, il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin gynécologue. Il peut s’agir d’une grossesse extra-utérine ou d’une fausse couche. Il faut rester vigilante si les saignements abondants sont aperçus lors du deuxième ou troisième trimestre de grossesse. 

  •  Saignements liés aux stress, bouleversement et émotions fortes

Nous l’avions déjà évoqué dans notre article Pourquoi le confinement dérègle-t-il notre cycle menstruel ?  : Le stress est connu pour lui aussi provoquer un dérèglement hormonal particulier. Lorsque nous subissons un changement d’habitude inédit, notre corps peut être bouleversé hormonalement. Des événements stressants, choquants ou traumatisants peuvent court-circuiter la sécrétion harmonieuse de nos hormones. Le cerveau stimule l’hormone de la cortisol et bloque la progestérone et l’oestrogène. La nature est bien faite, et lorsque nous sommes dans ce genre de situation, notre corps tente de freiner les ovulations. Si une femme est stressée, elle ne va pas sécréter les hormones habituelles. 

Selon le médecin Dr Sarah Toeler : “Une libération excessive de cortisol peut supprimer les niveaux d’hormones reproductives et conduire à une ovulation anormale.” Les conséquences de tout cela mèneront à une muqueuse utérine qui n’est pas bien cicatrisée et causera des saignements vaginaux hors menstruations. 

  •  Le spotting et décalage horaire 

Prendre l’avion et changer de fuseau horaire rapidement peut dérégler notre horloge biologique et notre sommeil. Par exemple, le jet lag peut contraindre une femme à ne pas prendre sa pilule contraceptive à l’heure habituelle. Les hormones étant sensibles aux changements de rythme, le spotting peut ainsi faire son apparition. 

Spotting à quel moment faut-il consulter ?  

Généralement le spotting est bénin, mais s’il est prolongé sur plusieurs mois et devient de plus en plus abondant voir douloureux, cela peut-être dû à une infection. 

  •  Polypes et fibromes utérins à l’origine des saignements 

 Cela peut arriver que le spotting soit annonciateur d’une tumeur non cancéreuse appelée aussi polype utérin. Connu aussi sous le nom de fibromes, cela se loge dans la cavité utérine ou le col de l’utérus. Le fibrome se manifeste par des saignements en dehors des menstruations, des douleurs dans l’abdomen, de la fièvre suivi par des règles plus abondantes. Dans ce cas, il est nécessaire de consulter un médecin. 

 Selon le médecin gynécologue Pia de Reilhac : Les spottings peuvent révéler un trouble gynécologique ; ils peuvent aussi être le premier symptôme de pathologies plus graves telles qu'une infection comme la chlamydia (...) Ces saignements peuvent aussi être la manifestation d'un cancer de l'endomètre ou du col de l'utérus.” 

 Majoritairement le spotting ne présente aucun danger particulier et peut être simplement gênant. Les infections citées sont souvent les plus graves et les cas plus rares. Il faut néanmoins écouter son corps surtout si l’on ressent des symptômes plus difficiles à gérer. Il ne faut pas hésiter à tenir un journal ou utiliser une application mobile qui vous permettra de gérer votre cycle et les saignements anormaux.

Voir aussi notre article :  Calculer son cycle menstruel : notre TOP appli règles

N’oublions pas que le moindre doute peut-être résolu par un médecin gynécologue ;-).